La prévention à côté de chez vous

Publiée le 2 oct. 2025

La prévention à côté de chez vous

Mammobile 93

Pour lutter contre le sous-dépistage du cancer du sein, la Caisse primaire d’assurance maladie de Seine-Saint-Denis déploie une unité de mammographie mobile à proximité des lieux de vie des habitantes.

Pas question de faire l’autruche. « Avec les années qui passent, il y a des choses qui arrivent, comme des maladies, c’est la nature », sourit Khadija, Courneuvienne de 50 ans. Installée sur un banc du mail de l’Égalité ce 19 septembre, elle s’apprête à faire une mammographie à l’intérieur de l’immense camion équipé du matériel nécessaire qui stationne
ici pendant quelques jours, le « mammobile ». « On a fait partir des SMS à toutes les habitantes éligibles qui n’ont pas réalisé l’examen dans le cadre du dépistage organisé du cancer du sein pour qu’elles puissent prendre rendez-vous. S’il reste des créneaux, on contacte celles qui n’ont pas appelé et on accueille des femmes qui passent par là. On a pour objectif de recevoir 30 femmes par jour », explique Delphine Bougassas-Gaullier, responsable du département Accès aux droits et aux soins à la Caisse primaire d’assurance maladie de Seine-Saint-Denis (CPAM 93). Si Khadija n’en fait pas partie, de nombreuses femmes de 50 à 74 ans renoncent à faire leur mammographie gratuite par peur du résultat. Ne pas savoir ne fait pas disparaître la maladie et le mieux, c’est d’être dépistée le plus tôt possible », insiste Delphine Bougassas-Gaullier. S’il est détecté assez rapidement, le cancer du sein peut effectivement être guéri dans 87 % des cas, après un traitement moins long et moins lourd. « Il y a d’autres freins, comme la peur de la douleur, mais on utilise une machine conçue pour rendre l’examen le moins douloureux possible. Les patientes peuvent ajuster elles-mêmes la pression sur leur sein, elles remarquent toutes la différence. Les problèmes de planning, la précarité… expliquent aussi la faible participation au dépistage. » À La Courneuve, elle n’atteignait que 38 % en 2022/2023, contre 51,2 % dans le département et 56,2 % dans le pays.

En allant à la rencontre des habitantes, la CPAM compte ainsi lever certains de leurs freins et les accompagner vers un parcours de soins complet. Cette année, un second camion permet de se faire dépister le diabète, de récupérer un kit de dépistage pour le cancer colorectal et d’échanger avec des membres de la Communauté professionnelle territoriale de santé, partenaire de l’opération. L’occasion de faire le point sur les bons gestes à adopter pour réduire les facteurs de risque. Les maladies arrivent, mais parfois elles peuvent être soignées ou évitées. 

Texte : Olivia Moulin ; photo : Léa Desjours