Quand des femmes parlent aux femmes

Publiée le 15 oct. 2026

Quand des femmes parlent aux femmes

Dans le cadre d’Octobre rose, campagne annuelle de sensibilisation au cancer du sein, le club sportif Gym Forme & Force (GFF) a organisé un temps de remise en forme 100 % féminin le 4 octobre. L’occasion pour les participantes d’échanger ensemble sur la maladie.

Ce n’était pas du tout prévu. Après que Nyssia* a témoigné de son expérience du cancer, Arlette et Awa ont spontanément décidé de faire la même chose. Ces adhérentes de Gym Forme & Force (GFF) participent, ce dimanche d’automne, à l’après-midi sportif proposé par le club au gymnase El-Ouafi. Au menu : un échauffement, des exercices de cardio et de renforcement musculaire en musique, de la Zumba et des témoignages sur le cancer, donc.

« Je ne savais pas qu’Arlette et Awa parleraient, glisse avec émotion la coach Fatiha Berkane. Il y a beaucoup de femmes touchées par le cancer à GFF, qui sont en plein dedans ou en rémission, sauf que c’est caché. Mais moi, je sais qu’elles sont malades, parce qu’on est comme une famille. » Nyssia, elle, a tenu à partager son « histoire avec tout le monde pour que tout le monde fasse attention ». Devant les quarante participantes, elle raconte les premiers signes du cancer du sein apparus fin 2024 : « Une grosse fatigue et une grosse prise de poids. » Mais l’échographie et la mammographie ne montraient rien. « Tout était clair et net. » Ensuite, elle a remarqué « une petite boule pas dure » dans son sein droit et « une croûte sur le mamelon », a souffert de tensions dans le bras, dans l’épaule, le dos…

Du courage et de la patience

En avril 2025, elle a commencé une chimiothérapie pour un cancer agressif de stade 4. « Franchement, il est dur le traitement. Il faut avoir du courage et beaucoup de patience. » Désormais en rémission, elle alerte les femmes présentes : « Il ne faut pas hésiter à consulter dès que vous sentez quelque chose de bizarre dans votre corps. »

Connaître son corps et se faire confiance, c’est justement le message que veut leur transmettre Awa, nouvelle adhérente du club. Après dix mois d’errance diagnostique, elle a appris qu’elle était atteinte d’un cancer du côlon. « Je savais que j’avais quelque chose, j’ai insisté. » Arlette, elle, n’a rien vu venir. « Je n’avais pas mal du tout. Quand c’est tombé sur moi le cancer du sein, j’en voulais plus à ma religion qu’à ma maladie. Je ne croyais plus en rien… » Un an plus tard, elle prend part à ce temps de remise en forme avec un large sourire. « Il y a des femmes qui s’inscrivent pour perdre du ventre, mais je leur dis que le sport, ça fait surtout du bien au cœur et au cerveau. Ça aide beaucoup moralement », commente Fatiha Berkane. La bienveillance aussi. 

Texte : Olivia Moulin ; photo : Adja Traoré

GFF